A ceux qui feront comme nous, n’oubliés pas de dire que cette idée vient de la Galerie Kétanous à Grigny dans l’Essonne, nous en sommes fiers. Notre ville est
souvent dévalorisée par les médiats et lorsque des choses sont bien ils n’en parlent jamais. Ne faites pas comme eux, merci.
LA GALERIE KETANOUS : 1ère GALERIE PERMANENTE SUR UN LIEU DE TRAVAIL REALISEE PAR DES
COMMUNAUX-AMATEURS D’ARTS PLASTIQUES A LA MAIRIE DE GRIGNY (91).
Elle tient son nom du groupe de chanteurs à textes venant de la banlieue : « La rue Kétanous ». Je suis fonctionnaire d’une collectivité
territoriale à la Mairie de Grigny. Cette galerie m’a été inspirée par le travail de l’association « l’Asphalte » de Villeneuve-Saint-Georges et « le Café Curieux » de
Morsang-sur-Orge où j’ai participé à des expositions et qui m’on donné envie d’avoir une Galerie mais sur mon lieu de travail.
Nous en sommes à la 17 ème exposition. A chaque fois je ne sais jamais une semaine avant combien de réalisations j’aurais, c’est donc bien
notre Galerie Kétanous (qui est à nous). Si les participants n’apportent rien il n’y a pas d’expositions. Sans eux des murs vides. C’est de leur volonté que la Galerie existe, j’ai certes eu
l’idée au départ mais je ne pensais pas qu’elle cachait autant de buts et nous mènerait tous où nous en sommes aujourd’hui. Nous la construisons ensemble et c’est une richesse.
LE DEBUT :
Dans les années 1990, lors d’une enquête sur le devenir de Grigny, j’avais déjà répondu qu’il fallait une maison pour que les amateurs d’arts plastiques, de
poésies, photographies…puissent exposer leurs réalisations.
En 1992, j’ai mis en place l’Atelier de la Ruche qui permet entre collègues sur le temps du midi et le lundi soir après le travail de pratiqués ensemble des
activités manuelles. Nous faisons des échanges de savoirs pour que chacun puisse apprendre de nouvelles techniques. Ces collègues sont bien sûr venus exposer avec nous plus tard à la Galerie
Kétanous.
Lorsque l’on est autodidacte en arts plastiques il n’y a pas beaucoup de lieux pour exposer, un salon par an dans certaines villes avec entre les participants.
C’est une concurrence entre chacun et des prix sont décernés tous ce que je déteste depuis que la Galerie est en place.
J’avais envie d’exposer régulièrement mon travail qui fait parti de ma personnalité. Comme beaucoup, si j’avais pu, j’en aurais fait mon métier, alors je me
suis inventée une galerie de peinture sur mon lieu de travail en 2004. J’ai donc recherché le lieu adéquat pour des expositions. Près d’une machine à café vers les services techniques de la
ville, il y avait une petite salle d’attente et deux couloirs de chaque côté. C’était exactement ce que je souhaitais, un lieu insolite et de passage de façon à surprendre les personnes qui
pouvaient passer par là.
J’ai squatté les murs de la petite salle en proposant à une collègue dont le bureau était attenant à son bureau et qui s’occupait des collectes de déchets des
tableaux divers sur le baril qui me servait à brûler mes déchets verts au jardin. Après cette exposition j’ai continué de squatter les murs avec mes réalisations puisse que les trous étaient déjà
fait autant qu’ils servent. Aujourd’hui je conseille de demander l’autorisation en passant notamment par les comités d’entreprises.
En 2005, très vite, je me suis rendu compte que je ne fournirais jamais assez de réalisations pour changer tout les trois mois l’exposition. En discutant
avec des collègues j’ai compris que d’autres personnes souhaitaient aussi montrer leurs travails. J’ai ouvert la galerie à tous les collègues qui le souhaitaient en squattant aussi le couloir. Il
y a eu, des textes, des photographies, de la peinture sur bois, des tableaux, des sculptures… Nous avons récupéré une vitrine en colonne qui ne servait plus de façon à exposer les petites pièces
plus fragiles.
Beaucoup d’amateurs le sont par la force des choses « l’art ne nourrissant pas son homme ». C’est pour cette raison qu’il ne faut pas oublier les
amateurs, nous aussi nous avons des messages à faire passer, nous participons à faire marcher l’économie du secteur culturel.
J’ai un ami qui est veilleur de nuit dans un grand parking mais il est poète et ses textes sont de qualités, il y a plein d’exemple comme celui-ci.
En 2006 j’ai exposé un travail que j’ai nommé « plan de délocalisation d’une usine ». Ce sont 5 toiles qui forment les vêtements délaissés d’un
ouvrier après la délocalisation de son usine dans un autre pays. Il y a un casque, une blouse, des gants et des chaussures. Des toiles partent des tirets rouges sur le mur, puis au sol. Ils
mènent jusqu'à un SDF à moitié caché dans un carton dont ne dépasse que les jambes et pieds qui sont en 3D.
Placé en face de l’arrivée dans le couloir les nombreuses personnes qui passaient par là pensaient se retrouver en face d’un vrai SDF et sursautaient. Cette
installation à déranger certaines personnes, d’autres trouvaient l’idée super. Une collègue est venue me voir de la part du directeur des services techniques pour me demander de retirer
l’installation. Par solidarité les collègues qui exposaient avec moi ont décidé que nous devions tout retirer. J’ai bien sûr collé de suite un document expliquant pourquoi nous avions tout
retiré. Après recherche il c’est avéré que deux collègues très dérangées par cette installation avaient raconté un mensonge. Le Maire de l’époque, Claude VAZQUEZ, nous a demandé de tout
réinstaller. Peu de temps après lors du vernissage, il a officialisé la Galerie Kétanous et l’a fait équipée de barres et cimaises. Depuis nous restons maîtres de ce que nous installons sur les
murs et rien n’ai jamais remis en cause.
Aujourd’hui nous sommes une trentaine, nous recherchons à répandre l’idée des Galeries sur les lieux de travail. Nous ne recherchons pas à en tirer une gloire
mais nous avons envie que chacun puisse comme nous s’épanouir dans les pratiques culturelles qui aident à la réflexion. On nous a encrassé l’esprit : consommation, individualisme, oubli de
la solidarité, compétition…nous avons choisis l’inverse. Nous sommes pour l’éveil, le partage…
LES BUTS :
Les œuvres sont engagées ou non, copiés ou créé. C’est important pour plaire à chacun, les goûts et les couleurs étant très différents dans la nature. Certains
préféreront par exemple des paysages d’autres des réalisations plus engagées qui délivrent des messages. Le faite que des réalisations si différentes se côtoient font travailler, parfois
consciemment parfois inconsciemment, l’esprit.
Au début les visiteurs ne disaient rien, ils observaient. La première fois ou j’ai retiré exprès les réalisations pour laisser une semaine de battement entre
deux expositions avec des murs vides, des collègues sont venus me voir en croyant que je ne remettrais plus rien sur les murs qu’ils trouvaient vides et tristes sans réalisations. Quel
plaisir !
Depuis ils commentent dés que les œuvres sont installées. L’information se diffuse comme une trainée de poudre et chacun trouve un petit temps pour venir voir
de suite la nouvelle exposition. Le lieu est occupé chaque matin autour d’un café pour démarrer la journée. Ils échangent des informations, discutent travail…, ce lieu créé du lien. Eux qui au
début ne disaient rien ils débattent des réalisations, affirment leur préférence, critiquent, forme leurs yeux et leurs esprits. Les messages sont parfois cacher dans un texte, ou dans une
peinture. Ces œuvres nous obligent à réfléchir, certaines phrases qui y sont écrites peuvent être remisent en question, avec même des propositions différentes. La parole reprend une place.
Ils s’ouvrent peu à peu à la poésie des textes mais aussi à celle qui habite les réalisations, ils se laissent pénétrer par l’émotion ou par le malaise qui
sort de certaines œuvres et un travail intérieur agit.
Nous espérons amener des collègues à aller dans des musées car certains ni vont jamais ou à pousser la porte d’une galerie traditionnelle, d’aller dans une
friche d’artistes. Certains osent s’y mettre, timidement puis ils se lâchent d’un coup comme des acrobates et n’en sont jamais déçu car les autres collègues, n’en revenant pas de ce travail, les
félicites alors ils continuent. Certains vont se mettre à écrire des textes, ou liront de la poésie…
Des liens se sont créés entre nous et avec les collègues, les échanges dans le travail en sont facilités notamment pour travailler dans la transversalité. Une
grande solidarité nous habitent s’il y a une injustice nous nous dressons.
Ce travail redonne confiance à ceux qui participent, ils reçoivent des compliments. Les bienfaits se retrouvent jusque dans les évaluations où les responsables
on vu le changement dans leur comportement. Participer soigne l’âme, apaise parfois révèle. Cela ressort dans les textes ou dans les photos…Dans les textes, c’est flagrant, leur vie est là,
parfois elle les écorche et ils nous le livrent, ils nous font ce cadeau, ou les textes sont pleins d’humour.
Peu d’entre nous vont au musées, etc. c’est donc à nous, amateurs et artistes professionnels d’apporter les pratiques culturelles sur un plateau jusqu’aux
personnes, dans tous les lieux possibles et surtout insolites, Des écoles, des maisons de retraites, hôpitaux, mini-laveries, prisons... Il faut aussi créer des endroits où ils peuvent créer eux
même. Pour cela les expositions doivent changées régulièrement car l’œil s’habitus vite et surtout elles doivent être
dans les mêmes lieux en permanence. La poésie, la musique, la danse pourraient aussi venir dans des lieux au plus prés des
personnes et régulièrement. Si par exemple la musique vient régulièrement dans un endroit, nous pensons que plus tard ces gens iront dans une salle écouter de la musique.
Parfois nous offrons aux habitants de la ville des œuvres réalisées par la Ruche pour un mur intérieur du bâtiment de la petite enfance ou des mosaïques pour
les entrées d’écoles. La Ruche à 20 ans cette année.
Tous les six mois nous organisons un vernissage chacun apporte un plat que nous partageons avec nos collègues qui viennent faire la fête avec nous. Nous avons
aussi mis en place une artothèque, nous prêtons des tableaux pour les murs des bureaux des collègues qui nous sollicitent.
Faites comme nous, créer des galeries sur vos lieux de travail ou ailleurs car tous les lieux sont bons pour propager la culture, libérer les gestes et
redonner la parole. C’est une des résistances.
Adresse de notre blog : http://galerie-ketanous-communaux.over-blog.com
Adresse de Facebook de mon travail : rechercher José fransois.
José Fransois Moyano, animatrice bénévole de la Galerie Kétanous de la Mairie de Grigny en Essonne.
Derniers Commentaires